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 BANGLA DESH en ferry, bus ou rickshaw .....

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Alan



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Date d'inscription : 09/03/2007

MessageSujet: BANGLA DESH en ferry, bus ou rickshaw .....   Ven 04 Mai 2007, 09:54

Bien sûr je ne me suis jamais rendu dans ce pays, mais cet article de voyage relevé dans le Courrier International me semblait intéressant à mettre en ligne, d'autant plus que ce n'est pas une destination fort courue ..... et on est quand même ici pour parler voyages ......

De Chittagong à Dinajpur en passant par Dacca, le bateau est le moyen de transport idéal pour découvrir l'immense delta du Gange et du Brahmapoutre, son humanité grouillante et ses fêtes populaires.




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En regardant la carte, on pourrait croire que la manière la plus simple de visiter le Bangladesh consiste à descendre les fleuves - la Yamuna (nom de la branche occidentale du Brahmapoutre au Bangladesh) et la Padma (le plus important bras du Gange dans son delta) - en partant de l'intérieur des terres pour rejoindre le golfe du Bengale. Les deux principales artères du Bangladesh se heurtent au coeur du pays avant de
se diviser en milliers de défluents qui se dirigent vers la mer, au sud, en formant le plus vaste delta du monde. Une zone constituée d'un labyrinthe de bandes de terre, de vasières et de mangroves.


Mais visiter le Bangladesh est compliqué, car il n'y a pas de services fluviaux assurant ce parcours sur toute la distance. Il sera plus facile de commencer par la fin et de remonter les fleuves vers le nord en partant de Chittagong, au sud-est du delta, dans le golfe du Bengale.

Bâtie sur la rive nord du fleuve Karnaphuli, Chittagong est la deuxième ville du pays - derrière Dacca - avec près de 3 millions d'habitants. C'est également le plus grand port du Bangladesh.

Après la mousson, les vacanciers envahissent les plages de la région. Des adolescents animés d'un évident esprit d'entreprise y vendent du whisky à grands cris. Il est vrai que la vente d'alcool, dans le Bangladesh musulman, n'est autorisée qu'à Chittagong, même s'il existe des réseaux de contrebande dans beaucoup d'autres endroits. Mais il y a plus inquiétant. Les médias locaux dénoncent régulièrement les trafics d'armes et de drogue qui semblent se développer dans le port. Et le magazine américain Time a dévoilé en octobre dernier qu'Al Qaida utilisait ce port mal contrôlé pour y cacher des militants recherchés.

Quittons donc Chittagong. L'imprévisible ferry qui effectue la liaison avec Barisal, une ville située à 150 kilomètres au nord-ouest, traverse une partie du golfe du Bengale avant de pénétrer dans le delta. Les départs sont souvent annulés à cause des conditions météo peu clémentes, et il arrive parfois que les bateaux mal entretenus et surchargés coulent dans des eaux placides, causant chaque fois la mort de plusieurs centaines de personnes. Un accident particulièrement tragique est ainsi survenu en mai dernier, lorsque le MV Salahuddin-2 a sombré, par une nuit de brouillard, en provoquant la mort de 320 passagers. Quant au pire de tous les désastres, celui de 1986, il a coûté la vie à 600 personnes.

Pour les Bangladais, les voyages en ferry - qui font partie de la vie quotidienne - sont relativement bon marché. De Chittagong à Barisal, une place sur le pont ne coûte que 108 takas [1,8 euro]. Pour cette somme, on vous offre tous les plaisirs de la croisière. Vous savourerez le difficile cheminement du ferry entre les centaines de bateaux de pêche qui s'activent dans le golfe et vous profiterez du spectacle changeant des eaux du delta comme de celui des personnages hauts en couleur qui peuplent le bateau. Le trajet comprend plusieurs escales, dont une de vingt-quatre heures sur l'île de Sandwip (trente heures dans mon cas, en raison de crues provoquées par la mousson et de marées mal anticipées).

La plupart des villages du delta sont reliés entre eux par des services de bateaux, avec des horaires qui sont parfois fixes, d'autres fois inexistants. Quand on veut se rendre de Barisal à Dacca, mieux vaut toutefois prendre un bus, même si celui-ci doit traverser trois cours d'eau en ferry.

Notre bus a fait son entrée dans la capitale à l'aube, alors que la pluie venait de se mettre à tomber. L'université de Dacca, située à 1 kilomètre environ au nord de la rivière Buriganga, constitue un bon repère pour s'orienter lorsqu'on ne connaît pas la capitale. Son campus propret et luxuriant compte de nombreux bâtiments de styles colonial, moghol et bengali. De larges avenues assez bien ordonnées divisent le terrain. Entre l'université et la rivière, on trouve la vieille ville de Dacca, un enchevêtrement de rues renfermant des trésors historiques comme une église arménienne, le célèbre palais rose Ahsan Manzil, un nombre incalculable de mosquées de différentes époques mêlées à des lieux saints hindous, le tout fréquenté par une humanité grouillante.

La bonne société habite principalement au nord du centre-ville, dans les enceintes de Gulshan et de Baridhara, des quartiers qui se chevauchent et constituent des enclaves exclusives où l'architecture mêle les toits d'haciendas, les balcons parisiens et des fioritures dignes d'une meringue. Gardés par des agents de sécurité privés, les bâtiments sont physiquement si différents du reste de la capitale qu'on se demande comment ils peuvent faire partie du même tissu urbain. La caractéristique la plus surprenante de ce quartier est l'état lamentable de ses rues. On s'y brise les os quand on se déplace en rickshaw, mais il est vrai que les résidents, qui ont souvent des 4 x 4, en souffrent beaucoup moins.

Le Musée national, qui est situé dans le même quartier, vaut le détour.
Passez outre l'exposition sur la flore et la faune du rez-de-chaussée, qui n'a rien d'exceptionnel. Rendez-vous directement à l'étage pour voir l'impressionnante exposition consacrée à la lutte pour l'indépendance. On y voit le premier drapeau national, qui a été déployé à Calcutta en 1971 par des rebelles bengalis [contre le pouvoir central d'Islamabad, au Pakistan occidental à l'époque, le Bangladesh étant alors le Pakistan oriental]. Il a de toute évidence été fabriqué à la hâte, avec son point sanglant irrégulier et mal centré sur un fond vert forêt. Dans la même pièce se trouvent plusieurs autres objets commémorant les morts de cette année-là. Y figurent notamment une douzaine de crânes humains accompagnés d'une pancarte indiquant qu'environ 1 million de Bangladais sont morts pendant la guerre d'indépendance. L'effet est à la fois macabre et mobilisateur.


Alors que le rouge sombre du drapeau représente le sang versé pour la conquête de l'indépendance, le vert symbolise la végétation luxuriante du pays, dont la plus grande part se trouve dans le nord. Alors que la région du delta est un mélange de marécages, de champs et de rivières aux allures de marais, la division du nord, le Rajshahi - célèbre pour ses céréales et ses mangues -, est recouvert d'une épaisse végétation. Cette zone très fertile abrite un quart des 130 millions de Bangladais, ce qui en fait l'une des régions les plus densément peuplées du monde. Les hameaux s'étendent au-delà des orées des forêts laissées en friche, et, de temps en temps, une grande parcelle de terre cultivée apparaît, étrangement vide de toute population.

Dans le nord du Rajshahi, la ville de Saidpur, à cheval sur un tronçon de voie ferrée, est qualifiée par un guide de "petit trou perdu endormi". C'est en fait une agglomération désespérément pauvre regroupant 100 000 âmes, à mi-chemin entre les axes régionaux plus prospères et peuplés de
Rangpur et de Dinajpur. La plupart des jeunes ambitieux de Saidpur partent de chez eux, attirés par les feux de la grande ville. J'ai discuté dans un bus avec l'un de ces émigrés, élève dans un lycée de Darjeeling [en Inde] et qui était rentré au pays pour les vacances de Dashain [fête qui célèbre la mort du démon Ravana, battu par Rama, racontée dans le
Ramayana, une des deux principales épopées indiennes]. Quand nous sommes arrivés à Rangpur, il m'a montré le rajbari (palais) abandonné et m'a ensuite proposé de me faire visiter la ville en attendant l'heure de mon bus de nuit. Mais une telle visite - même rapide - n'avait pas sa place dans mon programme. Deux heures plus tard, nous nous sommes retrouvés dans un bus en direction de Dinajpur,à 50 kilomètres à l'ouest, pour aller rendre visite à des membres de sa famille. La vue d'un étranger descendant d'un rickshaw fut un vrai spectacle pour ces gens, qui firent par ailleurs montre d'une courtoisie et d'une hospitalité sans bornes.

Dinajpur est, en apparence au moins, une ville modèle où plusieurs
communautés vivent en harmonie. La famille musulmane de mon ami a ainsi participé à la Durga Puja [fête hindouiste bengalie célébrée chaque année en l'honneur de la déesse Durga, la femme de Shiva, et qui dure dix jours], qui battait alors son plein. La mère a mis du
tika [de la poudre rouge] sur le front de ses filles et un oncle a emmené les enfants pour une balade nocturne de trois heures en rickshaw, afin d'assister aux différentes cérémonies organisées aux quatre coins de la ville. Il m'a d'ailleurs expliqué que la foule des badauds était composée pour moitié de musulmans sortis après minuit pour participer à ce joyeux carnaval.

Parmi les nombreux groupes qui participaient cette année à cette fête, on pouvait notamment voir des sadhus [saints hommes] dansant sur de la musique pop hindi et remuant leurs encensoirs fumants devant d'effrayantes effigies de dieux. Ailleurs, des rayons lumineux rythmés par la musique de Kenny G éclairaient des dinosaures grandeur nature tandis qu'une sorte de Britney Spears déboulait d'une rue adjacente et qu'un autre spectacle se déroulait dans le palais, où des rites solennels avaient lieu.

Une fois de retour à Saidpur, mes gentils guides bengalis m'ont demandé une faveur : accepterais-je de parrainer leur fils aîné,étudiant, pour sa demande de visa d'immigration aux Etats-Unis ? Le père, un tailleur, a tenu conseil avec moi, le fils servant d'interprète. Mes dérobades furent sans effet. Le fils me traduisit les instructions de son père, très déterminé, sur la façon de remplir les formulaires du service de l'immigration et de la naturalisation, m'expliquant à qui il convenait d'envoyer les multiples exemplaires. Ces formulaires de demande de visa sont vendus au milieu des oeufs et du tabac dans de nombreuses villes du Bangladesh. Mais cette familiarité avec les procédures administratives étrangères m'a stupéfié. Faut-il y voir une marque de désespoir ?

Aucun voyageur n'apprécie d'être ainsi mis au pied du mur. Cela m'a toutefois fait comprendre que les touristes visitant des pays profondément misérables ont moins de risques de tomber dans les filets
de militants d'un islam perverti que de se faire enlever ou harceler par le démon du désespoir économique. J'avais été idiot de monter dans ce bus à Dinajpur, et je ressentais à présent un immense mélange de conviction et de culpabilité. Après plusieurs heures de cajoleries, ils m'ont tout de même laissé repartir, en me mettant dans le bus avec un ami de la famille originaire de Dacca afin qu'il me serve d'ange gardien. Le bus finit par démarrer dans la nuit, nous laissant tous - la famille bangladaise comme moi-même - dans un profond sentiment de perplexité quant à la signification de ma visite dans leur ville.



Andrew Nash
Himal

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